Roald Dahl (1916-1990), écrivain britannique né en Galles du Sud, au goût prononcé pour
l'aventure, part à vingt-deux ans en Afrique pour travailler dans une société pétrolière du Tanganyika, partie de l'ancienne Afrique-Orientale allemande, confiée par la Société des Nations à
la Grande-Bretagne en 1920, et devenue aujourd'hui la Tanzanie continentale.
À la déclaration de guerre, il s'engage dans la Royal Air Force où il pilote un chasseur. À vingt-six ans, héros de la RAF, il est nommé attaché de l'air à l'ambassade de Grande-Bretagne à
Washington.
En 1944, le premier livre de Roald Dahl, "Les Gremlins", est adapté pour le cinéma par Walt Disney. Ne résistons pas au plaisir de revoir ce "Gremlin" qui enchanta la
jeunesse.
"Gremlin"
Parallèlement à ses récits pleins d'humour pour les enfants, il
écrit des contes grinçants, cruels et macabres pour adultes : "Kiss, Kiss" en 1960. Il est aussi le scénariste d'un James Bond : "On ne vit que deux fois".
Roald Dahl
Par Christian JOUGLA
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Jean Honoré Fragonard (1732-1806), peintre et graveur français, fut l'élève de Boucher à
Paris. Prix de Rome à vingt ans, il s'imprégna de l'art italien. Il étudia Rembrandt, Hals, Rubens et décora des hôtels particuliers.
Ce virtuose, peintre de l'amour, dont les scènes galantes irradient la joie de vivre, savait aussi peindre avec passion le désordre, la confusion, la peur ainsi qu'il le prouve dans
"L'Orage" ou "La Charrette embourbée".
Tandis que la fureur des éléments se déchaîne, bergers et bouviers luttent contre l'orage menaçant. Par touches floconneuses, Fragonard mêle les cieux tourmentés, les nuages sombres
annonciateurs d'un évènement effrayant, et les faibles moutons affolés. La bâche qui tente de s'envoler pour échapper au cataclysme proche intensifie ce désordre.
Il me semble entendre les encouragements des hommes à leurs bêtes, les bêlements, les aboiements, les meuglements et, dominant toute cette confusion, les sinistres grondements des cieux en
colère, amplifiés par de sauvages bourrasques.
"L'Orage" ou "La Charrette embourbée" (vers 1759) de Jean Honoré
Fragonard
Par Christian JOUGLA
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Jean-Baptiste Armand Guillaumin (1841-1927), employé du ministère des Ponts et Chaussées,
parcourt inlassablement la région parisienne à la recherche de paysages nouveaux afin de nourrir sa passion pour la peinture.
Il étudie cet art à l'Académie suisse, rencontre Cézanne et Pissarro. Devenu peintre et lithographe, membre du groupe impressionniste, il expose dès 1863 au Salon des Refusés.
Avec "Soleil couchant à Ivry", Guillaumin peint déjà les méfaits de la pollution provoquée par les usines s'implantant peu à peu. Ce tableau semble être une mise en garde contre l'ère
industrielle qui s'annonce.
Le peintre crée un véritable choc visuel en opposant les tons sombres et froids de la Seine, de ses berges, des arbres et des usines d'où s'échappent les fumées compactes aux
couleurs chaudes et lumineuses d'un éblouissant coucher de soleil. Spectacle de la Nature pressentant les pollutions des décennies à venir et se révoltant...
"Soleil
couchant à Ivry" (1873) de Jean-Baptiste Armand Guillaumin
Par Christian JOUGLA
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En quittant Auvers-sur-Oise, nichée dans une vallée, le promeneur atteint un
plateau, la plaine des blés, où Vincent Van Gogh peint des champs de blés mouvants. Ses toiles laissent éclater leurs couleurs : l'émerveillement des jaunes lumineux, les cris hardis des verts
vifs, la mélancolie des nuages bleutés, la souffrance des ciels d'un bleu profond emplis de tourbillons, l'angoisse du peintre symbolisée par le vol des corbeaux noirs comme les ténèbres d'un
désespoir où il sombre chaque jour davantage, seul, sans pourtant que son génie en souffre.
Lorsque Van Gogh se tire un coup de pistolet dans le ventre, c'est dans sa chambre mansardée qu'il veut mourir, près de Théo, son frère, son protecteur et l'acheteur de ses tableaux. Théo
meurt un an plus tard, après avoir sombré, lui aussi, dans la folie.
"Champs de blé aux corbeaux" (1890) de Vincent Van Gogh
Par Christian JOUGLA
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Karl Blechen (1798-1840), peintre allemand, fut pendant plusieurs années caissier dans
une banque. Puis il décida de s'inscrire à l'Académie de Berlin. Deux peintres, Johann Christian Clausen Dahl et Caspar David Friedrich, l'aidèrent à se découvrir dans cette voie artistique
dont il rêvait.
"Sans relâche, Blechen s'efforçait de pénétrer dans l'essence même de la nature. Le tragique de son existence de peintre fut bien cette recherche vers une profondeur toujours plus grande du
sentiment, de l'émotion et de la simplicité de la nature, s'acharnant ainsi à peindre à contre-courant du goût de son époque."
Le désintérêt du public pour ses toiles le plongea dans un grave état dépressif qui le conduisit à la folie. L'œuvre de ce maître du paysagisme dans le Romantisme allemand ne sera
reconnue que par d'autres générations.
(Bibliographie : "La Peinture Romantique" par Horst Koch. Texte français de Pierre Crèvecœur. Berghaus Verlag, 1985).
"Construction du Pont du Diable" (vers 1830) de Karl Blechen
Par Christian JOUGLA
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Vendredi 25 septembre 2009
Ludwig Tieck (1773-1853), écrivain et poète allemand, fut membre, avec ses amis les
frères Schlegel, écrivains, le poète Novalis, les philosophes Fichte et Schelling, du premier groupe romantique allemand.
Ludwig Tieck orienta le romantisme allemand vers le fantastique avec des contes dramatiques comme Phantasus. Ses drames, dont Fortunat, comportent toutes les innovations
romantiques dans l'art théâtral et ses nouvelles (le Jeune Maître ébéniste), s'inscrivent dans le "réalisme poétique". Walter Scott et Manzoni influencèrent ses dernières œuvres.
Ludwig Tieck
Par Christian JOUGLA
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Vendredi 18 septembre 2009
"La cloche fêlée
Il est amer et doux, pendant les soirs d'hiver,
D'écouter, près du feu qui palpite et qui fume,
Les souvenirs lointains lentement s'élever
Au bruit des carillons qui chantent dans la brume,
Bienheureuse la cloche au gosier vigoureux
Qui, malgré sa vieillesse, alerte et bien portante,
Jette fidèlement son cri religieux,
Ainsi qu'un vieux soldat qui veille sous la tente !
Moi, mon âme est fêlée, et lorsqu'en ses ennuis
Elle veut de ses chants peupler l'air froid des nuits,
Il arrive souvent que sa voix affaiblie
Semble le râle épais d'un blessé qu'on oublie
Au bord d'un lac de sang, sous un grand tas de morts,
Et qui meurt, sans bouger, dans d'immenses efforts."
(Charles Baudelaire).
"Abbaye dans une chênaie" (1809) de Caspar David Friedrich
Par Christian JOUGLA
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Vendredi 11 septembre 2009
Certains écrivains semblent posséder un style d'une facilité élégante, continue,
classique, limpide, coulant de source. George Sand, qui raturait rarement une page, disait à Flaubert : "Au fond, tu lis, tu creuses, tu travailles plus que moi et qu'une foule d'autres.
tu es plus riche cent fois que nous tous; tu es riche et tu cries comme un pauvre."
On oublie trop souvent qu'écrire est un art avec ses secrets, ses procédés, ses règles, la connaissance de "ses" auteurs, ses découvertes personnelles, sa manière de percevoir, un art où
chaque mot doit être étudié, pesé, choisi avec soin. Théophile Gautier "griffonnait ses phrases sans préparation, sans peine, au hasard de la plume, partout où il se trouvait. On ne saurait
écrire plus brillamment ni plus vite. [...] Rien n'interrompait sa verve, ni les conversations, ni le bruit, ni les visites. Il reprenait tranquillement sa besogne au point où il l'avait laissée.
Il crayonnait même dans la rue, au milieu des passants et des voitures. [...] On lui reproche des abus d'épithètes, sa syntaxe désordonnée, l'efflorescence et la surcharge de ses
descriptions."
Théophile
Gautier (1856) par Nadar
La trame de l'œuvre de Madame de Staël se faisait par la causerie. Elle rédigeait un chapitre tous les matins, en parlait pendant la
soirée, et le lendemain terminait le chapitre. "Le talent de Mme de Staël étincelait dans la conversation. Rien ne valait l'ardeur de sa parole. Avide de savoir, rapide à
s'assimiler, elle lisait les livres comme elle parcourait l'Allemagne, allant aux gens célèbres, les interrogeant, les déconcertant, leur empruntant à tous quelque
chose."
(Bibliographie : "Le Travail du Style enseigné par les corrections manuscrites des grands écrivains" d'Antoine Albalat. Ouvrage couronné par l'Académie française (Prix
Saintour). Librairie Armand Colin, Paris, 1921).
"Madame de Staël" portrait par Gérard
Par Christian JOUGLA
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